Gaby Noirat – Diacre à la retraite
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Habiter la maison commune
Enfant, je ne me souviens pas avoir vécu des rencontres ou célébrations qu’on aurait appelées « œcuméniques ». Le mot-même nous était inconnu.
Pourtant, en 1968, le concile Vatican II affirmait clairement l’engagement de toute l’Église dans le mouvement œcuménique : « La division des chrétiens est un scandale et fait obstacle à la plus sainte des causes : la diffusion de l’Évangile ».
Dès lors, dans les paroisses, des « groupes de dialogue œcuménique » ont été mis sur pied. Ce sont des lieux d’échange et de prière bien vivants et pleins d’espérance.
Adolescent, je découvre les premiers voyages à Taizé avec pour horizon le Concile des Jeunes en été 1974 sur le thème de la Réconciliation.
Événement remarquable : en 1978, l’Église protestante fête le 450e anniversaire de la Réforme dans le canton de Berne. Les pasteurs de Bienne proposent alors aux autres Églises d’organiser ensemble une grande exposition biblique. « Scriptura » engagera des dizaines de bénévoles pour l’élaboration, la mise en place et l’accueil. Fort de cette expérience autour de la Parole, on proposera des soirées d’animation biblique menée par des équipes plurielles.
Le mouvement œcuménique progresse dans toutes les paroisses. Au niveau régional, citons notamment:
- La création de Fraternité Tiers Monde
avec un projet au Tchad ; - La mise sur pied d’aumôneries œcuméniques
d’abord auprès des personnes handicapées,
puis dans les hôpitaux et finalement dans les
écoles ; - La rénovation de la chapelle de Develier
qui sera dédiée à l’unité des chrétien ; - Le groupe œcuménique Hallel qui animera
pendant 30 ans cultes et messes dans
la région et ailleurs ; - Et puis il y a les incontournables : Semaine de
prière pour l’unité de chrétiens, Campagne
oecuménique de Carême, Journée Mondiale
de Prière, etc.
Aujourd’hui, je constate que l’activité œcuménique
accuse une sorte d’essoufflement. Avec la diminution du nombre de ministres et de personnes engagées, chaque communauté semble se replier un peu sur elle-même pour parer au plus pressé.
Et si le plus pressé était justement le témoignage unifié de l’Évangile, pour habiter ensemble notre « maison commune » (oïkos) ?
Gaby Noirat – Diacre à la retraite