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Lettre pastorale  pour le 5ème dimanche du temps ordinaire  8 février 2026 : Hommes et femmes d’espérance
Actualités / 07.02.26

Lettre pastorale pour le 5ème dimanche du temps ordinaire 8 février 2026 : Hommes et femmes d’espérance

Chers frères et sœurs en Jésus Christ,
À quoi nous sert l’espérance ? Certainement pas à être un ornement pieux, ni une consolation. Au contraire, l’espérance est une attitude fondamentale qui nous permet
d’avancer dans les moments d’incertitude.

Notre vie ressemble parfois à un matin, où le brouillard est si épais, que même le prochain pas est hésitant. Les certitudes s’évanouissent, les repères disparaissent et le monde semble n’être qu’une ombre grise. Dans de tels moments, nous risquons de nous arrêter, de nous installer dans l’immobilisme. Mais l’immobilisme nous prive d’avenir. Or, c’est précisément là où tout devient incertain que s’ouvre, d’un point de vue chrétien, un espace d’espérance. Non pas parce que nous sommes forts, mais parce que Dieu nous soutient (cf. Ps 31). L’espérance n’est pas un projecteur aveuglant, c’est une lueur douce et imperturbable. C’est un amour qui porte, qui endure et qui n’abandonne jamais (cf. 1 Co 13). Nous vivons de cette espérance. Elle est notre héritage.

Notre monde est devenu plus agité, plus rapide, plus dur. Les conflits, les guerres, la solitude, le surmenage marquent notre quotidien. Les anciennes certitudes s’effritent, beaucoup de gens se sentent désorientés. Les progrès numériques effraient de nombreuses personnes, la migration nous surcharge, la création souffre et la guerre se rapproche de nos frontières. La question se pose : notre Suisse, apparemment si sûre, sera-t-elle également ébranlée ?

Nous vivons au cœur de cette réalité, nous n’en sommes pas à l’écart. Et c’est précisément pour cela que nous devons nous demander : Qu’est-ce que cela signifie, aujourd’hui, être chrétien ? Qu’est-ce que cela signifie être « enfants de lumière » (cf. Ep 5,8 ; 1 Th 5,5) et « corps du Christ » (cf. 1 Co 12) dans un monde qui change si rapidement et sans ménagement ? Que signifie espérer alors que tout semble aller à l’encontre de l’espérance ?

Dieu ne répond pas à cette question par une théorie, mais par une promesse. « Si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : Me voici. » (cf. Is 58,9)

Les textes bibliques de ce dimanche sont clairs. Isaïe nous exhorte à ne pas détourner le regard. À ne pas nous contenter de parler, mais à agir. À partager le pain. À dénoncer l’injustice. À protéger les êtres humains et la création. Selon les paroles d’Isaïe, l’espérance ne naît pas dans le retrait, mais dans l’engagement actif et conscient : « Alors, ta lumière se lèvera dans les ténèbres. » (cf. Is 58,10)

L’espérance n’est pas un sentiment que l’on possède ou que l’on ne possède pas. L’espérance est un choix, une attitude, une résistance contre les ténèbres. Elle est le pont entre ce qui est et ce qui peut être. Elle nous maintient intérieurement unifiés lorsque tout menace de s’effondrer. Enfin elle nous rend capables de devenir nous-mêmes lumière : pour les personnes qui luttent contre le chagrin, la colère ou le découragement. Cette lumière commence à l’intérieur, là où Dieu nous murmure : « Je suis là. »

Jésus lui-même nous donne pour mission d’être lumière et sel (cf. Mt 5,13-14). L’Évangile est notre boussole. En chacun de nous brûle une lumière qui ne nous appartient pas, mais qui nous est confiée. La lumière et le sel n’agissent jamais pour eux-mêmes. Ils transforment leur environnement de manière silencieuse, mais puissante. Ils rendent visible, donnent une orientation, offrent la vie. C’est précisément notre mission dans ce monde plein de souffrance, de violence et de destruction : ne pas détourner le regard, ne pas se taire, ne pas se résigner, mais garder l’espérance.

Pourquoi l’espérance est-elle si importante ? Parce qu’elle est concrète, parce qu’elle agit, parce qu’elle offre
la vie en abondance.

Isaïe montre que l’espérance n’est ni une illusion ni un vœu pieux.

Matthieu montre que l’espérance commence là où les hommes font la paix (cf. Mt 5,9) ; là où ils partagent ; là où ils se laissent toucher ; là où la peur a sa place, tout comme la confiance. L’espérance grandit lorsque nous ne nions pas l’obscurité, mais que nous y apportons une lumière.

« On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau. » (cf. Mt 5,15)

L’espérance ne grandit pas de l’absence de problèmes, mais de la présence de Dieu et d’êtres humains qui agissent avec confiance. Des êtres humains qui restent quand les autres partent. Qui réconfortent quand les mots manquent. Qui avertissent quand l’injustice est commise. Qui aident quand le besoin s’en fait sentir. En eux, la puissance de Dieu devient visible, souvent de manière peu spectaculaire, mais porteuse ; discrète, mais invincible. Une lumière qu’aucune tempête ne peut éteindre.

Que signifie aujourd’hui être sel et lumière ?

Peut-être que cela signifie laisser une porte ouverte quand d’autres se ferment. Poser une question quand tous se taisent. Lancer un petit projet qui rend la vie possible. Cela signifie, indéniablement, ne pas rester passif ; ne pas abandonner ; mais agir en ayant confiance que Dieu nous accompagne.

Avec cette lettre pastorale, je vous invite à prendre part à un mouvement d’espérance. Ne soyez pas de simples spectateurs, mais des acteurs ; des personnes de lumière ; des hommes et des femmes d’espérance.

Avançons ensemble, les yeux grands ouverts, le cœur à l’écoute ; avec courage, avec espérance.

Felix Gmür
Évêque de Bâle

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