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Ce qui compte
Solstices / 19.06.26

Ce qui compte

En ce printemps rythmé par les événements sportifs, dont les championnats du monde de hockey sur glace en Suisse, une campagne publicitaire d'une banque partenaire du hockey suisse retient mon attention. À côté de la photo d'un jeune hockeyeur, on peut lire : « Tout donner. Savoir ce qui compte. » Sur une autre affiche : « Célébrer les réussites. Savoir ce qui compte. » Ces slogans m'interpellent. Qu'est-ce qui compte vraiment dans la pratique sportive ? Que signifie ce « tout » donner ? Et célébrer une réussite, est-ce seulement faire la fête ?

Me vient à l’esprit une phrase du théologien François-Xavier Amherdt : le sport « relève des exigences des sens, mais ne constitue pas une revendication de sens. » Nuance légère où l’on entrevoit ce qui devrait compter. Le sport comble un intense désir des sens physiques mais ne semble pas combler le désir profond de sens qui habite l’être humain. Faut-il comprendre que les sportifs et sportives qui vouent une partie considérable de leur vie aux entraînements et à leur sport ne peuvent pas y trouver un sens ?

Dans le sport, les vécus émotionnels et physiques sont exacerbés. Le défi de l’athlète ne se joue pas uniquement au niveau des sens, mais engage tout son être : corps, âme et esprit. Cette intensité le pousse à se poser des questions sur le sens de sa pratique sportive, sur ce qui le motive au plus profond de son être, sur ce qui le pousse à continuer les entraînements et les compétitions.

Alors qu’est-ce qui compte vraiment ? Le document pastoral sur le sport du pape François (2018) invite à « donner le meilleur de soi-même dans la vie comme dans le sport ». L’idée est de prendre appui sur le sport pour développer des relations équilibrées dans la vie. La lettre de Léon XIV (2026) propose de considérer le sport comme un « lieu où l’on apprend à prendre soin de son être sans l’idolâtrer, à se dépasser sans se renier, à rivaliser sans perdre la fraternité ».

Ce qui doit guider la pratique sportive est donc l’aspect relationnel : relation avec soi-même, les autres et éventuellement quelque chose de plus grand que soi. Le sens du sport est constitué par le maintien de la qualité des relations qui émane des vécus des sens exacerbés. Il s’agit de pratiquer le sport en vue de « la vie en abondance » (selon le titre de la lettre) dans une attitude qui encourage à « tout » donner, sans se perdre, ni s’isoler, et à « célébrer » en faisant perdurer les relations au-delà des instants d’émotions intenses.

Alessandra Maigre
Docteure en Théologie.

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