Partager
En EMS, une aumônerie œcuménique pour accompagner la personne dans toutes ses dimensions
Au-delà des soins, la personne dans toute sa richesse
Entrer en EMS, c’est bien plus que bénéficier de soins. Chaque personne arrive avec son histoire, ses liens, ses convictions, ses questionnements intérieurs et ses ressources. Même lorsque la santé devient plus fragile, des questions essentielles peuvent émerger : qu’est-ce qui compte encore pour moi ? Qu’ai-je envie de transmettre ? Quel sens donner à ce que je vis ?
La spiritualité peut constituer une ressource précieuse pour le bien-être psychologique et aider à traverser les périodes de changement, d’incertitude ou de fragilité. Elle ne se limite pas à la religion : elle touche aussi aux valeurs, aux relations, aux souvenirs et à tout ce qui donne sens à l’existence.
« C’est à cette dimension personnelle, existentielle et spirituelle que notre service souhaite être attentif », explique Noël Pedreira, responsable de ce nouveau service.
Prendre en considération cette dimension, c’est reconnaître que la personne ne se résume ni à son état de santé ni à ses besoins de soins. C’est aussi reconnaître que chaque parcours est unique et que les besoins d’accompagnement diffèrent d’une personne à l’autre.
Une aumônerie œcuménique, ouverte à toutes et tous
Cette nouvelle aumônerie est le fruit d’une volonté commune des Églises catholique-romaine et réformée de s’engager ensemble auprès des personnes vivant en EMS. En unissant leurs forces, les deux Églises souhaitent proposer une présence attentive, respectueuse et accessible à toute personne qui en ressent le besoin. « Ce service est ouvert à toute personne qui souhaite un accompagnement, quelles que soient ses convictions religieuses, son parcours de vie ou son absence de conviction religieuse. Respecter cette liberté est au cœur de notre conception de l’accompagnement », souligne l’administrateur de la CEC, Monsieur Pierre Frund.
Cette ouverture s’inscrit dans une conception de l’Église qui privilégie la rencontre et l’humanité, sans jugement ni condition d’appartenance. Il ne s’agit pas d’imposer des réponses, mais d’être présent auprès de celles et ceux qui souhaitent être écoutés et accompagnés.
Écouter, accompagner, cheminer avec la personne
La première mission de l’aumônerie est l’écoute. Offrir un temps où chacun peut déposer ce qu’il vit, mettre des mots sur ses préoccupations ou simplement partager ce qui l’habite, à son rythme et selon ses propres besoins. « Nous n’arrivons pas avec un sujet imposé ni avec des réponses toutes faites », précise Noël Pedreira. Cette écoute implique aussi d’accueillir les silences, les doutes et les questions qui restent ouvertes. « Écouter, c’est aussi accepter qu’une rencontre ne débouche pas nécessairement sur une solution », rappelle-t-il.
La deuxième mission est celle de l’accompagnement : cheminer avec une personne dans une période de changement, de fragilité ou d’incertitude. Les ressources mobilisées peuvent être très différentes d’un individu à l’autre. Pour certaines personnes, elles s’enracinent dans la foi ou une tradition religieuse. Pour d’autres, elles se trouvent dans la nature, la musique, les souvenirs, les relations, les engagements ou les convictions personnelles.
Cet accompagnement ne concerne pas uniquement la fin de vie. Il prend place dans le quotidien des EMS, dans les moments difficiles comme dans ceux où une personne souhaite simplement partager ce qui la fait vivre.
Les proches peuvent eux aussi bénéficier de cet espace d’écoute pour traverser les changements vécus par leur parent, leur conjoint ou leur ami. Le personnel soignant peut également y trouver une ressource, dans le respect des missions et des responsabilités de chacun et de chacune.
Une compétence professionnelle complémentaire aux soins
« Il y a les soins, l’accompagnement social et les besoins du quotidien. Mais il existe aussi une dimension humaine, existentielle et spirituelle. Et cette dimension mérite, elle aussi, une attention professionnelle. C’est pourquoi les Églises font le choix de s’engager concrètement », souligne Pierre Frund.
Toutefois, l’aumônerie professionnelle ne vient ni remplacer les soins ni se substituer aux dispositifs d’accompagnement déjà présents dans les EMS. Elle s’inscrit dans une logique de collaboration avec les équipes et les partenaires institutionnels, en apportant des compétences spécifiques dans l’accompagnement des questions spirituelles, existentielles et religieuses. « Les équipes des EMS offrent déjà, au quotidien, beaucoup d’écoute et d’attention aux résidents. Le nouveau service ne remet pas en question cet engagement et ne revendique pas l’exclusivité de la dimension humaine. Il propose un temps et un savoir-faire professionnels pour approfondir certaines préoccupations qui peuvent émerger au fil de la vie en institution. » rappelle Noël.
L’intégration de l’aumônerie au projet de soin permet ainsi de reconnaître la personne dans sa globalité et de renforcer les ressources à disposition des résidents, de leurs proches et des équipes. Comme l’observe Simon Coste, directeur de la Fondation Les Chevrières : « Ce qu’on peut voir, c’est que les résidents se sentent entendus. »
Le partenariat avec les institutions médico-sociales est donc essentiel. C’est en collaboration avec les établissements et dans le respect des responsabilités de chacun et de chacune que cette aumônerie entend trouver sa place et contribuer à la qualité de l’accompagnement.
Une Église présente au cœur de la vie quotidienne
À travers cette aumônerie œcuménique, les Églises catholique-romaine et réformée souhaitent apporter une réponse concrète à un besoin essentiel : celui d’être entendu, reconnu et accompagné dans toutes les dimensions de son existence.
Au-delà des soins, l’accompagnement spirituel rappelle que chaque personne porte une histoire, des ressources et des questions qui méritent une attention particulière. En proposant une présence professionnelle, libre de tout jugement et ouverte à toutes les convictions, cette initiative entend contribuer à un accompagnement plus humain et global au sein des EMS.
C.S | Pôle communication