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Laissez-moi regarder le ciel

Candes-Saint-Martin

Solstices / 21.09.26

Laissez-moi regarder le ciel

Le 11 novembre, l’Église se souvient que, ce jour-là en 397, Martin de Tours est mort à Candes, sur les bords de la Loire. Alors qu’on voulait faire changer de position au mourant, celui-ci demanda : « Laissez-moi regarder le ciel, plutôt que la terre. Cela dispose mon âme à aller droit au Seigneur. »

Le 1er novembre, l’Église fête la multitude des saints et des saintes qui partagent déjà la gloire de Dieu, c’est la fête de Tous-les-Saints. Le lendemain, 2 novembre, les catholiques prient spécialement pour leurs défunts et ils demandent à Dieu de les accueillir au ciel, malgré leurs imperfections. Ces différentes fêtes s’accordent bien avec l’automne, qui nous rappelle chaque année le cycle des saisons, avec son alternance d’éclosion de vie et d’effacement.

La foi chrétienne naît de l’expérience des disciples de Jésus qui découvrent que le crucifié vit désormais d’une vie nouvelle, sans limite : il est ressuscité, il a été relevé de la mort par son Père. Mais la résurrection n’est pas réservée exclusivement à Jésus, elle est promise à tous les êtres humains. Ce qui permet à saint Paul d’affirmer : « Nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. » (1 Thessaloniciens 4, 13-14)

Dès lors, la mort reste pour le chrétien une épreuve et un arrachement, mais elle ne doit pas le conduire à l’abattement et à la désolation. Car, la mort n’est plus une fin, elle est un passage. Désormais, il est possible de regarder vers le ciel, lieu symbolique de la présence de Dieu, plutôt que vers la terre, où sont déposés les corps des défunts. Il est possible de se réjouir qu’une foule immense de saints et de saintes a franchi la grande épreuve et partage déjà la joie éternelle de Dieu. Il est possible de prier avec sérénité pour nos proches qui sont décédés, car ils n’ont pas disparu à tout jamais. Dieu les accueille, en prend soin, les conduit à la plénitude de la vie. Et parce qu’un même amour unit les vivants et les morts, Dieu pardonne aussi bien à ceux qui restent sur terre qu’à ceux qui sont partis vers le ciel. C’est ainsi que la lumière printanière de Pâques vient enflammer l’automne.

Abbé Jean Jacques Theurillat
Curé dans l’Espace pastoral Pierre-Pertuis

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