Jura Pastoral

Hans Küng, penseur brillant

Les réactions de tous bords se multiplient

Les réactions de tous bords se multiplient, en Suisse et à l’étranger, à l’annonce du décès du théologien Hans Küng, le  6 avril 2021. Il reste «un exemple durable d’érudit, de penseur brillant à l’esprit vif, qui était à la fois un observateur politique attentif et un concitoyen engagé», écrit le président allemand Frank-Walter Steinmeier.

Le théologien catholique suisse, Hans KÜNG n’est plus. Né dans le canton de Lucerne, diocèse de Bâle, il s’est fait connaître pour ses prises de positions qui, loin de plaire à l’institution, entendait, néanmoins proposer un dialogue avec le monde moderne.
Décédé, mardi dernier, à Tübingen, à l’âge de 93 ans, il avait créé la « Fondation pour une éthique planétaire» qui n’était pas rattachée à la Faculté de théologie mais affirmait librement la Foi. 
Non seulement, il voulait démontrer le Sens de notre vie chrétienne, mais aussi, voulait-il dire vers Qui nous allons. Par delà son esprit critique, il entendait proposer  quelques lignes de recherche pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui. C’est pour eux et elles, tous et toutes,  qu’il écrivait, avant que de se soucier des questions d’école. 
Il voulait accompagner un renouveau et en rendre compte. Commentant la première lettre aux Corinthiens sur les vertus théologales, il terminait sa proposition de Foi : « Ainsi s’accomplira pour moi, comme je l’espère, ce que je crois » Abbé Pierre Salvadé
 
«Nous avons perdu une personne qui, pendant des décennies, a renforcé la réputation de notre pays dans le monde entier en tant que lieu de théologie et de recherche universitaire. Non seulement votre frère a représenté son sujet, la théologie catholique et œcuménique, d’une manière compréhensible pour de nombreuses personnes, mais il a également toujours accompagné la vie politique et intellectuelle de manière critique et constructive, de manière engagée.» a relevé le  président de la République fédérale d’Allemagne Frank-Walter Steinmeier dans un message de condoléances à Rita Frei-Küng.  

Avec la Global Ethic Foundation, qu’il a fondée en 1995, il a œuvré pour la paix et la compréhension entre les religions. «Pas de paix mondiale sans paix religieuse», souligne en outre Frank-Walter Steinmeier. 

Felix Vertical Felix Vertical

Avec Hans Küng, le diocèse de Bâle perd son prêtre le plus célèbre. Malgré son esprit critique, «Hans Küng était un amoureux de l’Église, et même du pape», écrit l’évêque Mgr Felix Gmür dans une nécrologie.

Felix Gmür, évêque de Bâle

Dans toutes mes conversations avec Hans Küng, j’ai ressenti l’amour de l’Église. Il ne voulait pas d’une Église superflue et ne voulait pas la laisser périr. Il voulait une Église renouvelée, une Église pour les gens d’aujourd’hui, une Église à jour.

Vivre de la confiance en Dieu

Il s’est battu pour une église qui se confronte à la vie telle qu’elle est au monde tel qu’il est. Il voulait une Eglise chrétienne, une foi chrétienne et des croyants chrétiens qui écoutent et soient écoutés, avec qui on puisse discuter, qui s’engagent, qui vivent de leur confiance en Dieu, qui servent la paix avec d’autres croyants.

C’est pourquoi il s’est affronté à l’Eglise telle qu’elle est. Il a fait de même avec moi, son évêque. Il l’aimait, et parce qu’il l’aimait, il la mettait au défi. Cela pouvait être parfois fatigant. Certains qu’il ne s’est pas retenu de critiquer l’ont vécu, notamment les papes.

En dépit de toutes ses luttes, il s’est montré favorable à la papauté

 

Il n’était pas d’abord un critique de l’Eglise ou du pape, mais un amoureux de l’Eglise, et même du pape. J’ai été parfois surpris par l’évidence avec laquelle, malgré toutes ses luttes, il a soutenu positivement la papauté. Cela lui a été plus facile avec le pape François qu’avec ses prédécesseurs.

Il aimait l’Église parce qu’elle a une mission: vivre et proclamer la foi en Jésus-Christ. Cette foi inébranlable était le moteur de son énorme pouvoir créatif. En tant qu’homme, chrétien, scientifique et prêtre, il a mis cela au service de la foi. Le diocèse de Bâle est reconnaissant pour ce témoignage de foi. Je prie pour qu’il puisse maintenant voir Dieu, face à face. (cath.ch/kath.ch/fg/mp)

Hans Küng a été ordonné prêtre pour le diocèse de Bâle en 1954. Bien qu’il ait passé la majeure partie de sa vie et de sa carrière à Tübingen, en Allemagne, il avait conservé un lien étroit avec sa terre natale ou il séjournait volontiers. Il est toujours resté incardiné dans le diocèse de Bâle.  

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