Jura Pastoral

Journée des droits humains du 10 décembre 2018

70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme avec Hannah Arendt, Karl Barth et le pape Jean XXIII

  • Fédération des Églises protestantes de Suisse FEPS
  • Conférence des évêques suisses CES
  • Église catholique-chrétienne de la Suisse ECS
  • Réseau évangélique suisse (SEA-RES)
  • Freikirchen Schweiz (VFG)              

 

Les droits de l’homme protègent la liberté de la personne. Mais où sont les limites de la liberté ? À l’occasion de la journée des droits humains le 10 décembre prochain, les trois Églises nationales et les Églises évangéliques de Suisse écoutent trois personnalités critiques, qui avaient chacune une vision bien à elle des droits humains.

Il y a 70 ans, l’Assemblée générale des Nations unies signait la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ces droits s’appliquent à tous les êtres humains, indépendamment de leur origine, de leur sexe ou de leur nationalité. Depuis, nous les considérons souvent comme une évidence, alors qu’ils sont pourtant sans cesse mis sous pression.

Dans le cadre de ce 70e anniversaire, les trois Églises nationales de Suisse, en collaboration avec les Églises évangéliques, ont imaginé un dialogue fictif entre la philosophe juive Hannah Arendt, le théologien réformé Karl Barth et le pape Jean XXIII. De l’au-delà, tous trois entament une discussion et révèlent d’étonnantes convergences dans leurs réflexions. Leur échange entre volutes de fumée et esprit visionnaire est bien moins une rétrospective céleste qu’une critique éminemment actuelle.

Si chacun impose unilatéralement ses propres droits humains, le vivre ensemble pacifique cède la place à une bataille rangée, remarque Karl Barth. Hannah Arendt approuve. Pour elle, les droits humains ne peuvent pas être brandis comme un bouclier, sans quoi on crée de la distance plutôt que de laisser place à la rencontre. Pour le pape Jean XXIII, les droits humains reconnaissent la dignité de la personne, pour chaque être humain. Et font ainsi de la justice un synonyme de paix.

Ce dialogue imaginé à l’occasion de la journée des droits humains est complété par une pétition de l’ACAT sur la problématique des enfants des détenus en Suisse. Les paroisses sont invitées à soutenir l’ACAT dans son action contre la torture et la peine de mort au travers de collectes.

Berne et Fribourg, 05.12.2018

 

Dialogue entre Hannah Arendt, Karl Barth et Jean XXIII (lien)

Dossier et pétition de l‘ACAT

10 décembre

La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948

La Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) est le document des droits humains le plus connu. Elle est la base de la protection internationale des droits humains. Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, les droits humains n’étaient mentionnés que dans les constitutions nationales. Il existait alors peu de règles internationales. La terreur du national-socialisme et la cruauté de deux guerres mondiales en un tiers de siècle ont provoqué ce changement. On ne voulait plus répéter de telles expériences. Tous les hommes et les femmes doivent pouvoir vivre en paix, sans peur et sans faim. C’est pourquoi la Charte des Nations Unies de 1945 a inscrit que les états doivent garantir les droits humains.

La Déclaration a été adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies. En consignant trente droits, la Déclaration énonce en quelque sorte le « programme général des droits de l’homme ». Elle pose les bases des droits civils et politiques ainsi que des droits économiques, sociaux et culturels. La Déclaration protège la dignité humaine. Elle est valable pour tous les êtres humains dans le monde. Tous les hommes et toutes les femmes sont né-e-s égaux, ont la même dignité et les mêmes droits. Tous les membres de l’ONU doivent signer la Déclaration universelle des droits de l’homme.

La Déclaration n’est pas une loi. Elle a cependant une grande signification. Toutes les autres conventions des droits humains découlent de ce premier document. Elle a un rôle politique et moral essentiel.

 

Lien vers la version plus développée du texte «La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948» sur humanrights.ch

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