Jura Pastoral

Gravir la montagne (Marc 9, 2-10)

Deuxième dimanche de Carême

En marche vers Pâques pour gravir la montagne ! 
 
La Suisse est connue dans le monde entier pour ses montagnes splendides avec ses paysages féériques. Ses 20 sommets de plus de 4000 mètres d’altitude. Dont le Cervin, pour le plus connu, et la Pointe Dufour, pour le plus haut.
 
La montagne est un lieu rude, isolé et imprévisible. Et quand on souhaite partir pour une randonnée alpine, il est important de bien s’équiper.
D’abord il faut porter des souliers robustes à semelles profilées pour gravir les chemins escarpés et sinueux. Et puis, il faut s’équiper d’un bon sac à dos pour transporter des boissons, de la nourriture et des habits contre la pluie et le froid. Gravir une montagne demande de l’effort et du courage. Comme le dit Gustave Flaubert : « Ce n’est pas la montagne qui nous épuise, mais le grain de sable dans notre chaussure ».
 
Dans le texte de Marc, l’épisode de la transfiguration intervient au moment de la fin du ministère de Jésus en Galilée. Fini les belles paroles et les longs discours.
C’est le moment de la montée à Jérusalem, c’est le moment de la confrontation avec la vraie réalité, celle de la mort et de la souffrance qui vont plomber le moral des troupes.
Pierre, Jacques et Jean, les proches disciples de Jésus sont incapables de saisir la teneur de la révélation extraordinaire que leur ami va bientôt leur partager.
 
Alors Marc met en scène de manière littéraire une théophanie, c’est-à-dire une métamorphose de Jésus qui se passe sur une montagne. Dans l’Ancien Testament, la montagne est le lieu de la révélation de Dieu. C’est là par exemple que Dieu donne les Tables de la Loi à Moïse.
 
Dans le texte, vous l’avez compris, il s’agit plutôt d’une randonnée alpine spirituelle, intérieure. Il n’y a pas de haute montagne dans cette région de Galilée, juste une petite colline, le mont Thabor qui culmine à 588 mètres d’altitude. Une altitude nettement moins élevée que le Raimeux chez nous (1299 mètres).
 
Ce passage de l’Évangile est une anticipation de la nature même de Jésus. Il est Dieu en personne. Il est le chemin lumineux qui nous conduits à contempler de nouveaux horizons offrant un magnifique soleil levant aux yeux des femmes et des hommes.
Les trois disciples déjà présents lors de la résurrection de la fille de Jaïre seront également présents devant la Croix, devant leur ami crucifié sous leurs yeux. Ils ne sont pas préparés à vivre un tel bouleversement. Jésus souhaite fortifier leur foi avant le choc de son exécution.
 
Sur cette montagne, voyant Jésus, son corps, comme illuminé de l’intérieur, les trois disciples sont enivrés d’un bonheur infini. Ils aimeraient même s’installer là un moment, tellement leur cœur est proche de Dieu. Ils sont comme l’alpiniste perché sur le sommet de la montagne qui contemple, après l’effort, un paysage d’une infinie beauté.
 
Mais voilà, dans quelques jours, Pierre, Jacques et Jean tomberont plus bas que terre, ils finiront leur expédition dans une crevasse abyssale, privés de lumière et isolés du monde. Aucune échelle, aucune corde pour les sortir du trou. Et Pierre va même perdre les pédales en reniant son ami Jésus.
 
Dans ce récit de de la Transfiguration, Marc nous montre que Jésus souhaite préparer le cœur de ses amis à surmonter le scandale de la Croix. Il veut les entrainer à marcher à ses côtés en les aidant à prendre de la hauteur. Il veut les aider à franchir un premier col, sans doute le plus sinueux, le plus escarpé, le plus dangereux.
 
Pâques n’est pas une rencontre au sommet, comme on dit dans le monde économique et politique, comme à Davos. Pierre, Jacques et Jean vont vivre une escalade intérieure et spirituelle de haute lutte. L’expédition sera un échec total, débouchant sur une fin tragique, un ratage de scénario comme dans un mauvais film. Jésus va bientôt être emporté dans une avalanche d’injures et de mauvais coups.
 
Mais à Pâques, l’expérience de la vie plus forte que la mort va les transformer à tout jamais. Jésus va mourir et les emporter avec lui dans sillon de sa résurrection.
 
Eh bien oui Seigneur, en cette période de carême, Tu nous aides à escalader les parois rocheuses de nos peurs, de nos doutes, de notre solitude, surtout en ces temps difficiles de Covid.
Tu nous demandes d’enlever d’abord les petites pierres qui encombrent notre chemin, plutôt que de vouloir déplacer des montagnes.
 
Inspiré du chanoine et guide de montagne Gratien Volluz, nous pouvons dire : « Seigneur, attire-moi vers le haut. Fais de moi un lumineux pèlerin de la montagne. Fais Seigneur que je marche, que je monte par les sommets vers Toi, avec toute ma vie, avec ma famille et mes frères humains. ». 
Que chacune et chacun choisissent les accessoires qu’il souhaite glisser dans son sac à dos pour gravir la montagne qui est la sienne. Bon temps de Carême et belle randonnée alpine !
 
Jean-Claude Boillat
 

Prends ton fils, ton unique...

Abraham

Par Bernard Miserez

L’épreuve est de taille pour Abraham. Inhumaine à nos yeux. «Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai.» C’est le choc pour lui. Tout s’effondre. Pas moyen d’échapper à la confusion. Dieu insiste, persiste même: il s’agit de ton fils, celui que tu aimes, Isaac. Tout est si clair.

L’enjeu de ce vertige inexorable est sans appel. Il nous provoque encore. Abraham serait-il fanatisé, radicalisé ou pire encore, serait-il tombé dans un tel marasme, favorable à une aveugle servitude?  Est-il seulement possible de demander pareil sacrifice à un père? Comment entendre une parole aussi extrême de la part de Dieu?

A vrai dire, cet appel va tester Abraham de manière radicale. Lui qui a pris la route sans savoir où il devait se rendre au début de son histoire avec Dieu, il apprendra au long de son chemin de croyant à s’abandonner jusqu’au bout dans l’épreuve de la confiance. L’amour vrai se révèle toujours dans la totalité du don. Ce n’est pas tant une exigence qu’un éblouissement sans fin devant l’amour dont nous sommes aimés. Abraham le sait. Il a mûri en s’appuyant patiemment sur la promesse que Dieu lui a faite. Cette promesse l’a mis en route. Jamais, elle ne lui a fait défaut malgré les aléas de son périple singulier.

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