Jura Pastoral

Prise de souffle

 

Certains disent qu'il y en a trop et qu'elles sont faites pour les
paresseux... D'autres les guettent avec inquiétude à cause de
la solitude qu'elles amènent... D'autres n'en peuvent plus de
les attendre... Les vacances !

Usure normale

Voici des mois que les journées s'accumulent. Avec leurs
récoltes de rires, de projets entrepris et de réalisations réus-
sies. Avec leurs fardeaux de peurs, de fatigue, de projets
inaboutis, de maladie... Les nuits aussi se sont accumulées
n'ayant pas toujours apporté leur part de repos à cause des
soucis continuant leur pressante ronde au fond de l'esprit...
Les saisons ont passé, et chacune a laissé sa trace. Il y a eu, sur-
tout, ces temps de grisaille, et ces dimanches après-midi cafar-
deux à cause de la brume qui s'insinuait jusqu'au fond des
maisons. Il y a eu ces absences de soleil qui faisaient douter
de l'existence de la lumière... Il y a eu l’effort quotidienne-
ment répété : se lever... retrouver l'ardeur... remettre en route
le dynamisme... réapprendre les gestes simples de la ren-
contre et du dialogue... la famille à organiser...  Les enfants à
écouter et à soutenir sur leurs chemins... Des mois, où tout
s'encrasse et s'use dans le corps ! Dans l'esprit aussi. Et com-
ment donc dans le cœur ! Tous les indicateurs virent au
rouge.

 

Nécessité d'arrêt

Les vacances sont nécessaires : ça ne se discute même pas !
Question de survie ! Quand quelqu'un dit : « Moi, jamais je
n'en prends, des vacances !», il faut s'interroger : crânerie ?
Exagération ? Erreur ? Hypocrisie ? En tout cas, s'il n'en prend
pas, il est en danger et son entourage aussi ! C'est une per-
sonne à risque.
Les vacances sont une nécessité vitale : le temps de refaire sur-
face et de se nettoyer. Le temps de réparer les points d'usure
constatés et de tout remettre en état. Le temps aussi de décou-
vrir qu'on n'est pas une machine programmée pour l’éduca-
tion ou pour le travail ou pour la famille ou pour l’Église ou
pour la rentabilité ou pour la bonne image qu'il faut donner
de soi.
Les vacances sont un nécessaire temps pour soi. Pour son
propre repos. Pour son propre plaisir. Car il faut y prendre
garde : à force de vouloir sans arrêt être disponible aux autres
et ne « jamais prendre de vacances », on finit par n'avoir plus
rien à donner, sinon l'aigreur !
 
 

Pour se battre

Pour « s’arrêter en vacances » les méthodes sont différentes.
Les uns marchent en montagne, les autres s'étendent au
soleil, les autres se mettent à l'eau, d'autres restent chez eux,
d'autres s'installent avec les fleurs de leur balcon... À chacun
sa manière, peu importe ! L’important est qu'on « s’arrête en
Vacances ».
 
Pour s'aimer soi-même et se sentir exister. Pour moissonner
de l’énergie. Pour emmagasiner des forces en vue de l'exis-
tence quotidienne. Pour être apte encore à offrir un visage
souriant. Pour donner encore de la tendresse. Pour être
capable encore d'entrer en relation. Afin de s'engager encore
et toujours pour la solidarité et contre l'injustice. Pour être
prêt encore à soutenir ceux qui n'en peuvent plus.
 
D'une façon ou d'une autre il faut « s’arrêter en vacances »
c'est une prise de souffle. On y prend la vie !
 
Bonnes vacances !
 
Charles Singer

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