Jura Pastoral

Hors-la-loi

Tout le monde connaît Robin des Bois, le célèbre hors-la-loi, rusé comme un renard, rapide comme l’éclair, ami des pauvres et des sans-voix, rendant justice au peuple, opprimé par un cercle étroit d’usurpateurs méprisants et sans scrupule.

Le thème est simple et peu original: les bons y sont tout bons, les méchants tout méchants, les actions héroïques, le dénouement heureux... bref, la vraie caricature, ou ce qu’il reste de l’histoire lorsque le temps en a poli les angles...

Et pourtant Robin des Bois n’a pas fini de séduire, d’amuser, d’émouvoir... Peut-être à cause de son côté justicier, proche des pauvres, des illettrés et de ceux qu’on écrase, solidaire des travailleurs laborieux, des terriens, des bergers, des artisans moyens que l’on considère comme du bétail d’engrais et que l’on trait sans vergogne…

Peut-être aussi à cause de son côté rebelle, inattendu, non conventionnel: il se moque éperdument des lois qui se moquent éperdument des hommes, il brave les interdits, renverse les classes sociales, met sa vie en péril pour libérer ses amis…

Image un peu naïve parce que sans nuance, mais dont les formes se déclinent à toutes les époques de l’histoire, avec ou sans l’emballage de la mise en scène: ce sont à côté des Zorro et des héros de bandes dessinées, tous les Gandhi, les Mandela, les don Helder Camara, les Follereau, les Chacour et j’en passe, cette multitude de hors-la-loi, de prophètes qui ne cessent de crier au cours des siècles qu’on n’a pas le droit de se servir d’une loi qui dessert l’homme, qu’on ne peut pas se retrancher impunément derrière un appareil législatif, fût-il de droit divin, si celui-ci ne respecte pas l’intégrité de la personne humaine, s’il crée des inégalités flagrantes, s’il monopolise l’argent ou le pouvoir, s’il se moque de la société ou s’il engendre des privilèges arrogants. Tous les contextes de violence dans tous les pays du globe ont ces insolences-là pour origine.

Et c’est pourquoi je souhaite, au début de cette nouvelle année que de plus en plus nous ayons le culot ou le courage de nous laisser guider par celui qui est le hors-la-loi par définition: c’est l’Esprit-Saint, celui qui donne vie. S’en inspirer c’est refuser de faire de la loi un bouclier ou une armure derrière lesquels on se cache, c’est donner à la loi une interprétation qui va dans le sens du bien commun. S’en inspirer, lui faire la place c’est ouvrir son coeur et son intelligence à toute situation de vie pour les lui, offrir dans le silence et l’adoration.

Didier Berrret : «Le mot de la semaine» - 3 janvier 1998 -
Repris aménagé le 29 avril 05

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